Les prises françaises du patrimoine culturel immatériel

Appel à candidatures
pour un contrat doctoral

Date limite de candidature : 25 mars

Ce projet de thèse s’inscrit dans une réflexion anthropologique sur les politiques de l’immatérialité culturelle impulsées par la création par l’UNESCO d’un « instrument » patrimonial visant la reconnaissance des singularités des cultures humaines : la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel (2003).

On a beaucoup écrit sur cette convention internationale et la nouvelle catégorie patrimoniale qu’elle introduit dans le champ des politiques patrimoniales et culturelles ; on a particulièrement remarqué son caractère novateur voire perturbateur dans le jeu réglé du patrimoine des États-nations européens (Bortolotto) :

opération de géopolitique visant au rééquilibrage entre pays du Nord riches en patrimoines monumentaux et pays du Sud – ou pays « anthropologisés » – davantage repérés pour leurs singularités culturelles – ou ethnologiques – ;

moyen de mise en cause de la conception eurocentrée du patrimoine fondée sur l’œuvre et son exceptionnalité et dont la convention unesquienne de 1972 est la gardienne, au profit d’une conception mettant en avant la représentativité pour un groupe humain de traits ou d’éléments culturels ;

lieu d’expérimentation d’un processus participatif de définition de ces éléments culturels et de leur prise en charge par les « populations » concernées, contrevenant à un mode de fonctionnement scientifico- administratif instaurant des monopoles d’expertise, de l’instruction des êtres patrimoniaux à leur mise en valeur.

Après dix ans d’exercice de la convention, nous disposons désormais de suffisamment d’expériences – ou d’expérimentations – et donc d’un peu de recul pour apprécier la pertinence de cette hypothèse perturbatrice des politiques du PCI.

Tel est le questionnement à l’origine de ce projet de thèse : les promesses, en somme démocratiques et humanistes, de la Convention de 2003 ont-elles été tenues ?

Sous la direction de Jean-Louis Tornatore, professeur d'anthropologie à l'université de Bourgogne-Franche-Comté, la ou le doctorant-e sera rattaché(e) au centre Georges Chevrier et à l'école doctorale LISIT 491 (Langages, Idées, Sociétés, Institutions, Territoires).

Elle/il travaillera en relation étroite avec le Centre français du patrimoine culturel immatériel qui constituera pour la recherche un lieu-ressource ainsi qu’un terrain d’enquête. Elle ou il sera invité-e à participer à la tenue du séminaire annuel du CFPCI (consacré au territoire en 2017).

Elle ou il sera également associé-e à la recherche internationale dirigée par Chiara Bortolotto : « UNESCO Frictions: Heritage-making across global governance / Frictions à l’UNESCO : Fabriquer du patrimoine en régime de gouvernance globale » relevant de l’ANR @RAction (2015-2019), laquelle se décline en trois études de cas d’implémentation de la convention : en Grèce, en Chine et au Brésil. Elle ou il participera en particulier aux séminaires et aux différentes activités du projet.

Enfin, outre son directeur de thèse, elle ou il sera encadré-e par un comité de thèse composé de (par ordre alphabétique) : Noël Barbe, conseiller pour l’ethnologie à la Drac de Bourgogne-Franche-Comté et chercheur au CNRS, Chiara Bortolotto, anthropologue, directrice du projet Unesco Frictions, Séverine Cachat, anthropologue et directrice du CFPCI, et Christian Hottin, adjoint au chef du Département du pilotage de la recherche et de la politique scientifique au ministère de la Culture.

Les personnes intéressées enverront avant le 25 mars 2016 un CV détaillé ainsi que leur mémoire de master 1 ou de master 2 (fichier pdf) à Jean-Louis Tornatore : jl.tornatore@free.fr. La ou le candidat-e retenu-e participera à la pré-sélection organisée par le Centre Georges Chevrier le 11 mai et à la sélection par le jury de l’École Doctorale LISIT qui aura lieu fin juin.

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