L’économie du patrimoine culturel immatériel

Au CFPCI - Vitré

Jeudi 11 et vendredi 12 septembre 2014

Transmission des savoirs par la réalisation de chefs-d'oeuvres
© Photo Compagnons du devoir

Depuis son introduction par la Convention Unesco de 2003, la notion de PCI a profondément
bouleversé de nombreux champs d'études et a été au centre de débats et recherches. Différentes
disciplines, telles que l'ethnologie, la sociologie, la géographie, l'histoire, l’art, ont essayé
d'adapter et de faire évoluer leurs paradigmes d'analyse par rapport à ce nouveau concept.
L'économie n'échappe pas à cette démarche : les activités artistiques, artisanales, créatives,
éducatives, touristiques, qui se développent autour des éléments du PCI, ont une dimension
économique, ainsi qu'un poids sur les chiffres globaux du secteur culturel qui en France
contribue à plus de 3 % de la richesse nationale et emploie 670 000 personnes.

Toutefois, la spécificité de ces activités et de ce patrimoine justifie-t-elle une « économie à
part », « exceptionnelle » ? Quels références et instruments de la science économique peuvent
éclairer les modalités d'organisation, de développement et de transmission des activités liées aux
PCI, qui en assurent la sauvegarde ?

Ces préoccupations seront au coeur du séminaire « L'économie du patrimoine culturel
immatériel » et seront abordées à partir de quatre thèmes principaux :

  • L'ÉVALUATION DES IMPACTS DU PCI
    Quelle est la contribution des activités liées au PCI au développement culturel, social et
    économique ? Comment évaluer les impacts non-économiques de ces pratiques et leur
    contribution à la résolution de problèmes de santé, de formation, de gestion des ressources
    naturelles, d'insertion ? Bien qu'on observe quelques réticences à traiter de ce sujet, par crainte
    d'instrumentalisation ou de marchandisation du patrimoine immatériel, la définition d'une
    méthodologie commune et l'évaluation des bénéfices qui découlent de ces pratiques constitue un
    enjeu crucial pour légitimer le soutien public et orienter les mesures de sauvegarde.
  • LE PCI ET LE DÉVELOPPEMENT LOCAL
    La transmission du patrimoine culturel immatériel développée par les communautés et les
    stratégies de sauvegarde mises en oeuvre autour de celui-ci inspirent de nouvelles formes de
    développement plus adaptées aux caractéristiques des territoires, aux structures sociales et aux
    ressources disponibles. Dans cette perspective, le PCI, adapté au fil du temps aux conditions
    locales, devient vecteur d'un développement qui ne fait pas abstraction des préoccupations
    environnementales, des problématiques sociales et des spécificités culturelles. Comment
    valoriser ce patrimoine en répondant au double enjeu d’une croissance économique et de la
    protection des conditions matérielles, naturelles, culturelles et sociales qui en assurent la
    durabilité ?

  • L'ÉCONOMIE DES LABELS
    L'attribution d'un label, comme l’inscription d’un élément sur une liste nationale ou
    internationale, engendre des effets multiples en termes d'accroissement de la visibilité,
    renforcement de l’attractivité et de la dynamique des territoires, attraction de nouvelles
    ressources, détermination de la qualité des biens et pratiques. Toutefois, ces classifications
    engendrent aussi des effets pervers tels que des rentes pour les seuls éléments et détenteurs
    labellisés, des exclusions, des hiérarchies, une marchandisation excessive. Comment comprendre
    et maîtriser ces effets, en évitant qu'ils puissent nuire à la sauvegarde du PCI et compromettre
    l'esprit de la Convention de 2003 ?

  • LE PCI MOTEUR D'INNOVATION ET DE CRÉATIVITÉ
    Le PCI constitue un bagage de croyances, connaissances, pratiques et savoir-faire qui ont su
    s'adapter aux divers environnements, modes de vie, progrès techniques. Comment soutenir cette
    transformation permanente du PCI pour qu'il continue à faire sens pour les communautés qui le
    pratiquent aujourd’hui ? Comment renforcer la capacité de ce patrimoine d'irriguer l'innovation
    et la créativité dans d'autres secteurs économiques en contribuant à trouver des solutions aux
    problèmes contemporains et à améliorer la qualité des produits, tout en renforçant la
    collaboration et l'échange entre communautés de créateurs, dans une perspective de transmission
    et de durabilité ?